Logement en France : une urgence sociale face à l’inaction

Le dernier rapport « L’État du mal-logement en France » publié par la Fondation Abbé Pierre dresse un constat alarmant. Tandis que les prix de l’immobilier restent élevés et que la précarité énergétique touche de plus en plus de ménages, les dispositifs d’aide sont sous pression et la production de logements sociaux en nette diminution.

La crise du logement en France s’aggrave, laissant des millions de ménages dans des situations précaires. Dans ce contexte, l’État semble se désengager progressivement, réduisant son effort budgétaire et limitant les financements nécessaires à la construction et à l’entretien des logements sociaux.

Quels sont les chiffres clés et les solutions proposées pour enrayer cette crise ? Décryptage.

Une inégalité grandissante face au logement

L’impact du logement sur la santé et la qualité de vie est indéniable. Les ménages les plus précaires sont les premières victimes du changement climatique : en hiver, le froid expose à des risques sanitaires accrus, et en été, les épisodes de canicule deviennent meurtriers pour ceux vivant dans des logements mal isolés.

Le mal-logement, ce n’est pas seulement l’absence de toit : c’est aussi l’impossibilité de vivre dans des conditions dignes et salubres.

femme senior tasse de café

Production de logements sociaux : une chute inquiétante

Le rapport met en lumière un problème majeur : la baisse continue du nombre de logements sociaux financés.

Évolution de la production de logements sociaux :

  • 2016 : 124 000 logements sociaux financés
  • 2023 : 82 000 logements
  • 2024 : 84 000 logements (prévisions)

Cette diminution intervient alors même que la demande ne cesse d’augmenter. Mi-2024, un record est atteint avec 2,7 millions de demandeurs de logements sociaux, contre 2,1 millions en 2017. L’offre ne suit pas, aggravant les tensions sur le marché immobilier.

Un désengagement budgétaire préoccupant

Le manque d’investissement public dans le logement est un autre facteur clé de cette crise.

Effort public pour le logement en recul :

  • 2010 : 2,2 % du PIB
  • 2023 : 1,5 % du PIB

Cette baisse de l’investissement a des conséquences concrètes : moins de financements pour la construction, des aides réduites, et un parc immobilier social vieillissant qui peine à être rénové.

mains femmes seniors

Quelles solutions pour relancer le logement social ?

Face à ce constat alarmant, la Fondation Abbé Pierre préconise des mesures pour redonner au logement sa place de priorité nationale.

🔹 Restaurer les capacités des organismes HLM :

  • Annuler la ponction financière sur les organismes HLM via la RLS (Réduction de Loyer de Solidarité).
  • Revoir la hausse de TVA sur la construction de logements sociaux.
  • Relancer la construction et améliorer l’entretien du parc existant.

🔹 Renforcer le rôle des APL (Aides Personnalisées au Logement) :

  • Cesser d’en faire une variable d’ajustement budgétaire.
  • Restaurer leur pouvoir solvabilisateur pour permettre aux ménages modestes d’accéder à un logement et de s’y maintenir.
  • Maintenir un ciblage efficace pour continuer d’aider les 30 % des ménages les plus précaires.

Remettre le logement au cœur des priorités

Le logement n’est pas qu’un enjeu économique, c’est un droit fondamental. L’augmentation du mal-logement, la précarité énergétique et la chute de la construction sont les symptômes d’une crise qui nécessite une réponse forte et immédiate.

Sans une politique ambitieuse et solidaire, la situation continuera de se détériorer, laissant des millions de personnes dans l’attente d’un logement digne. Il est temps de remettre cette question au centre du débat public.

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Rapport : L’Etat du Mal-Logement en France 2025

4 thématiques : la France s’enfonce dans la crise du logement; handicap et mal-logement le parcours des combattants; une année d’attentisme et de renoncements; les chiffres du mal-logement.

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